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interview avec Arnaud Ribot, musicien, chanteur, guitariste

Mar 23, 2017 | Interviews | 0 commentaires

Rencontre avec Arnaud Ribot, chanteur, musicien, conteur, troubadour

Guillaume : je suis très heureux d’accueillir pour cette vidéo Arnaud Ribot. Arnaud, salut.

Arnaud : salut.

Guillaume : peux-tu te présenter ?

Arnaud : je suis musicien, chanteur, guitariste, et j’écris des chansons.

Guillaume : tu te produis seul avec ta guitare ?

Arnaud : si tu veux, j’aime bien la mise à nu, moi. L’idée de me dire, voilà je me présente tel que je suis, dans un truc un peu minimaliste, juste la guitare et moi-même. Et alors des fois, je pose même la guitare.

Guillaume : ce que j’aime beaucoup, justement, c’est cette authenticité que tu émanes, quand tu chantes, dans tes textes. Et tu te montres dans tes chansons aussi presque nu, puisque tu nous parles de tes histoires personnelles, de ce que tu as vécu.

Arnaud : oui oui oui, tout à fait. Cela va aussi dans cette démarche un peu d’essayer de me montrer, de montrer des choses, et j’irais même jusqu’à dire de montrer des choses qui peuvent être parfois difficiles à montrer dans la vie normale. Et de parler de ça, de parler un peu, d’aller vers la part un peu fragile de moi-même.

Guillaume : peux-tu donner des exemples de chansons où émane cette fragilité ?

Arnaud : bon, l’histoire d’un enfant. Je parle un peu du bon élève que j’ai voulu être, qui voulait coller un peu aux exigences de ses parents, puis de la société en général. Tout le monde a envie d’avoir des bons élèves. Je parle de ça. C’est un personnage dont je suis plutôt sorti. Peut-être ma sœur, mon frère, où je parle de la relation que j’ai dans ma famille. J’évoque le fait que mon père soit décédé quand j’étais jeune.

Guillaume : tu te décris comme conteur. Là, cette après-midi, j’ai vraiment vu cet aspect-là, c’est-à-dire tu nous proposes des histoires. On est là, on a tous nos préoccupations, notre quotidien. On s’assoit, on t’écoute. Et puis – c’est le rôle aussi de l’artiste – tu nous emmènes dans ton propre univers. Tu nous racontes tes chansons. Il y a ton humour, ton enthousiasme. Il y a des fois aussi ce côté un peu engagement, où tu oses dire des choses un petit peu, non ?

Arnaud : ouais ouais ouais. Oui, il y a un côté engagement. Alors je fais attention à ne pas être dans l’engagement, un engagement qui soit nourri par la colère. Mais voilà, j’essaie de rester …, de ne pas dire de mal de qui que ce soit. Mais oui, il y a des choses où il y a un engagement.

Guillaume : donc, là, par exemple, une de tes chansons phares, c’est quand même en rapport avec l’école. [musique : 3’02]

Arnaud : sur les bancs de l’école.

Guillaume : sur les bancs de l’école, où tu parles des adjectif épithètes, et tout ça. Tu parles du système scolaire. Tu l’as vécu en tant qu’élève, mais tu étais aussi prof ?

Arnaud : oui, alors, moi en tant qu’élève, j’ai pas du tout mal vécu l’école. C’est ce que je raconte dans cette histoire, mais en écrivant ça, je me suis plus mis à la place d’un mauvais élève. Mais moi, j’étais le bon élève, qui était très valorisé par le système scolaire.

Parce que, voilà, on a un système scolaire qui est un peu basé sur une sorte de compétition avec les notes et tout. Et donc, quand on est bon élève, en fait, c’est assez stimulant. C’était génial, pour moi, l’école.[rires] J’aimais ça, j’avais l’impression d’être bon, d’être meilleur que les autres.

Donc c’était plutôt bien. Et puis après, oui, je suis devenu professeur, professeur de mathématiques, et je me suis rendu compte qu’en fait, ce que moi j’avais vécu, je ne pouvais pas leur transmettre aux autres.

Puisque le système est fait de telle manière que les bons élèves vont être flattés, mais pour qu’il y ait de bons élèves, il faut qu’il y ait de mauvais élèves.Et voilà. Et donc voilà, j’ai écrit cette chanson qui critique un petit peu ça.

Guillaume : alors, j’ai eu l’occasion plusieurs fois de te voir. Il y avait cet après-midi, il y avait déjà chez une amie commune.

Arnaud : oui.

Guillaume : toi tu te produis, on va dire sur des scènes classiques, mais aussi entre guillemets sur invitation, quand les gens ont envie d’organiser un petit événement chez eux, en disant, tiens cela va être sympa, j’ai envie d’inviter un artiste. Donc tu es partant pour ce genre d’événements ?

Arnaud : oui, oui oui. Je trouve cela super à chaque fois. Voilà. D’être accueilli chez les gens, je chante mes chansons, sachant qu’en général je demande qu’on fasse tourner un chapeau. Je peux vendre quelques disques. Donc je m’y retrouve financièrement. Et c’est bien.

Guillaume : Je dis ça pour ceux qui nous regardent. Souvent il y a aussi le réflexe de dire : tiens, qu’est-ce que je fais ce soir ? J’allume la télé. Et là, je trouve que cela crée beaucoup de convivialité. À chaque fois, quand tu chantes, lors des séances chez Anneliese, où là, en soirée, il y a des gens qui viennent spécialement se retrouver pour t’écouter.

Et il y a du coup un côté que je trouve chaleureux, convivial, partage, et qui est peut-être aussi authentique que dans les bars. Si vous avez envie de passer un moment sympa, tiens, j’ai envie d’inviter des amis et passer un bon moment, cela peut être une bonne idée du coup de faire appel à Arnaud.

Arnaud : voilà. C’est vrai, et puis cela permet qu’il y ait des échanges qui se passent. C’est vrai qu’une fois qu’on est chez les gens, c’est très propice après au dialogue, à discuter, et donc cela fait des bonnes soirées.

Guillaume : tu as aussi pas mal de chansons drôles ?

Arnaud : oui, c’est vrai que c’est une part importante de ce que je fais aussi. On n’en a pas encore parlé, mais effectivement, il y a beaucoup de chansons drôles, et voilà. Moi j’adore les jeux de mots, et tous les jeux qui peut y avoir dans une chanson. Et donc je ponctue un peu toutes ces chansons dont on parlait avant plutôt profondes, qui parlent de choses personnelles, par beaucoup d’humour et de bonne humeur.

Guillaume : as-tu des exemples de chansons bon humeur ?

Arnaud : il y a les câlins du matin, par exemple.

Guillaume : voilà, que je conseille 😉

[rires]

Arnaud : qui, en général, fait beaucoup rire. Il y a ton thé t’a-t-il ôté ta toux, ou l’auto-stoppeur. Et même des fois dans les chansons un peu plus profondes, j’essaye d’y mettre quelques petites notes d’humour pour alléger le tout. Cela me semble important la légèreté parce que, voilà, le but, ce n’est pas de plomber l’ambiance. Le but, c’est aussi d’insuffler un peu de la vie.

Guillaume : tu peux nous parler de ton album ?

Arnaud : voilà, ça c’est l’album, qui est sorti en mai 2016, qui s’appelle Minianina. Voilà quoi. J’ai enregistré cela – alors on n’en a pas encore discuté – je joue aussi avec des musiciens.

Guillaume : oui, je voulais parler de cela justement. J’ai été très surpris, la première fois. Puisque je t’avais vu au début juste seul, donc ta guitare et toi. Et puis là, tout d’un coup, je découvre la version avec tes autres copains, tes musiciens. J’ai été épaté par la qualité de l’orchestration. C’est vraiment très chouette, très sympa à écouter. Tu peux parler justement de comment cela s’est mis en place ? Comment tu as réussi à enrichir un petit peu ta musique ?

Arnaud : eh bien, j’ai fait appel à un bassiste, un batteur et un clarinettiste. Et un accordéoniste qui intervient sur certains morceaux, pas tous. Et donc, on a travaillé les morceaux ensemble, et bien c’est sûr que cela donne une dynamique tout de suite. La basse et la batterie, ça donne de l’énergie, et donc ça peut même aller dans un côté un peu rock, sans l’être vraiment, parce que moi, je reste à la guitare classique.

Il n’y a pas de guitare électrique ou quoi. Et puis la clarinette qui vient ponctuer de mélodies et de contre-chants. Donc on l’a avec les musiciens fait un peu comme ça, et je suis très content du travail qu’ils m’ont fait tous. Je trouve ça bien, et je suis très fier de l’album qu’on a fait.

Guillaume : comment tu vois la suite ? Est-ce que tu as envie de rester dans ton univers plus personnel – où tu puises dans des anecdotes de ta vie – ou tu as envie de t’ouvrir, par exemple, à des événements qui surviennent dans la région, dans le monde ?

Arnaud : pour l’instant, je suis encore dans l’écriture, à parler encore de ce que je vis moi. Mais peut-être que cela peut changer.

Guillaume : alors j’aimerais te proposer un petit jeu. Je vais te demander d’imaginer un type de public. Je vais te décrire quelques ambiances. Et si tu peux me dire à ce moment-là, quelle musique, quel titre parmi ton album, tu aurais envie de chanter à ce type de public. Tu es d’accord pour ce petit jeu ?

Arnaud : oui, OK.

Guillaume : alors c’est comme une salle de cinéma, et il y a plein de petites mamies qui assistent. Et voilà, il y a Arnaud Ribot qui se présente devant les petites mamies. Qu’est-ce que tu aimerais alors à ce moment-là leur chanter ?

Arnaud : peut-être, ce qui me vient, c’est Marguerite. C’est une chanson qui parle d’amour léger [extrait musical], d’amour sans engagement. Et voilà. Devant les petites mamies, je trouve que c’est sympa.

À la fois, elles ne sont peut-être plus trop concernées par ça – quoique, on ne sait jamais. Et puis en même temps, cela peut peut-être les toucher. Cela peut-être quelque chose qu’elles n’ont pas vécu, parce qu’à l’époque où elles étaient jeunes, les mœurs étaient différentes. Voilà.

Guillaume : super. Maintenant, les mamies ont quitté la salle. Et tu as des jeunes survoltés qui viennent, ils veulent presque arracher les sièges. Et donc, toi tu arrives.

Arnaud : je leur chante les câlins du matin. Ça c’est la chanson festive, rigolote. Voilà, ça, ça marchera avec les jeunes. [Extrait musical]

Guillaume : maintenant, c’est une ambiance plutôt messe. Donc, solennelle. On imagine un dimanche matin, on est bien habillé, endimanché. Et tu peux intervenir devant ce public.

Arnaud : je chante Nous saluons ta décision, qui est une chanson où je me mets à la place de parents, qui ont un enfant qui prend une décision qui peut paraître folle, et qui disent : nous saluons ta décision. On te fait confiance, vas-y. [Extrait musical]

Guillaume : alors, maintenant, tu serais contacté, je ne sais pas, par exemple par Jean-Jacques Goldman, et il te dirait : voilà, il faut qu’on fasse une chanson humanitaire, pour ce côté fraternel. Qu’est-ce que tu aurais à offrir comme chanson ? Elle est déjà écrite, ou cela pourrait être une idée de chansons ?

Arnaud : là, hier j’ai terminé d’écrire une chanson qui s’appelle Petit bonhomme, et qui parle de la cause des réfugiés. J’accueille des réfugiés chez moi. Bon, je l’ai écrit d’un point de vue très personnel, puisque c’est une famille où il n’y a pas de père, et donc je me retrouve un peu avec les enfants à jouer ce rôle.

Et moi-même, je n’avais pas de père, j’ai eu des grands qui ont joué ce rôle pour moi, donc voilà j’ai écrit une chanson là-dessus. [extrait musical] Mais en même temps, cela parle de la cause des réfugiés. Et je me disais, tiens, c’est peut-être quelque chose qui pourrait parler.

Guillaume : chouette. Et bien comme ça, on a pu entendre quelques titres de tes chansons qui sont à découvrir dans l’album. Et pour ceux qui veulent venir te voir, tu mets à disposition une newsletter. Ils peuvent s’inscrire à ta newsletter. Comment ils peuvent te contacter, par ton site ?

Arnaud : voilà, il faut aller sur www.arnaudribot.fr Et il y a un rectangle sur la droite où c’est écrit suivre l’actualité d’Arnaud Ribot. On note son mail et on soumet. Et donc voilà, je récupère le mail comme ça, et je les rentre dans ma newsletter. J’envoie un mail d’information par mois, pour ne pas surcharger les boîtes mail, où les gens ont toutes les informations sur les concerts, et puis les sorties de disques s’il y en a, ou de vidéos. Et voilà.

Guillaume : après, tu as plutôt tendance, je crois, à te produire dans la région Alsace. J’ai vu que tu chantais une fois en allemand. Cela peut arriver aussi que tu ailles outre-Rhin, ou tu peux te déplacer aussi ?

Arnaud : oui, cela m’arrive, et je peux aussi me déplacer. J’aimerais bien un petit peu quitter la région Alsace. Alors ce n’est pas forcément évident, car maintenant j’ai créé mon réseau de contacts ici, mais j’essaye d’aller un peu aussi en Franche-Comté et en Lorraine, d’élargir un peu ce cercle.

Et oui, j’ai eu quelques belles dates de concert en Allemagne, dans des centres franco-allemands ou des instituts français, qui sont à la recherche justement d’artistes francophones, puisque c’est leur mission de défendre la francophonie et la culture française à l’étranger.

Guillaume : ils sont gâtés avec toi, puisque tu soignes particulièrement la qualité de tes textes, donc c’est aussi un hymne au bon français, il y a aussi pas mal de vocabulaire dans tes chansons.

Arnaud : oui, je pense que ça colle bien pour les instituts français à l’étranger, et ça, c’est toujours sympa d’aller un peu à l’étranger comme ça chanter. C’est sympa. J’aime bien. D’autant plus que le voyage a été très important dans ma vie. J’ai moi-même vécu un an en Allemagne, j’étais étudiant Erasmus. Et puis j’ai vécu en Amérique du Sud.

Guillaume : c’est là le côté un peu troubadour, dont tu parles : le côté, je me déplace, je délivre mes chansons, mon message.

Arnaud : oui voilà, il y a un côté un peu troubadour, oui c’est ça.

Guillaume : je ne sais pas si tu veux encore rajouter quelque chose.

Arnaud : non, je ne sais pas, je n’ai rien de plus à rajouter. Tu as bien résumé la situation [rires]

Guillaume : j’espère que vous avez pris du plaisir à découvrir Arnaud. Moi, en tout cas, c’était vraiment une belle découverte. Donc je te remercie d’avoir osé te lancer en tant qu’artiste, d’avoir diffusé tes chansons, d’avoir osé les diffuser, chez des personnes, comme chez nous [dans le cadre du festival] par exemple. Donc c’est chouette, et vous pouvez donc découvrir Arnaud sur son site ou sur son CD. Merci beaucoup Arnaud.

Arnaud : merci à toi Guillaume.

[Extrait musical pour terminer]

Site d’Arnaud Ribot
http://www.arnaudribot.fr

 

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