David Lefrançois : stop à la timidité 2/2

Retranscription de la vidéo par Guillaume Putrich :
(Pour accéder à la partie 1 de la retranscription : cliquez ici)

Début de la deuxième partie de la vidéo : à partir de la 14ième minute

David Lefrançois : Je me rappelle une fois, un jour, je faisais des dédicaces à la fin d’une conférence pour un livre que j’avais écrit sur le coaching. Et je vois une femme qui fait la queue et qui vient me voir, et qui relativement fortement me dit : vous savez, cela a été un effort incommensurable de venir vous voir parce que je suis timide.

Madame, si vous étiez une vraie timide, vous ne seriez pas venue me voir, vous n’auriez pas été aussi à l’aise, vous ne l’auriez certainement pas dit devant tout le monde, et peut-être que vous vous seriez arrangée pour avoir une dédicace de ma part, et par une autre personne.

Qu’est-ce qui vous fait dire que vous êtes timide ? – On me l’a toujours dit. – Pourquoi ? – Bah parce qu’à chaque fois, je n’étais pas toujours celle qui communiquait le plus, j’ai toujours pris du recul.
Ok madame. Alors, faites attention aux étiquettes.

Je ne pense pas que vous soyez timide. Peut-être que vous êtes réservée, et c’est une distinction très importante à faire. Et c’est une valeur d’être réservé. C’est une vertu d’être réservé. Parfois certaines personnes devraient être beaucoup plus réservées.

Donc plutôt que de regarder ça comme une étiquette négative qui s’appelle la timidité, regardez cela comme une étiquette positive qui s’appelle « je suis réservé ». Ce qui ne m’empêche pas de venir voir un homme pour le féliciter de sa conférence, pour le remercier de son travail, et de demander une dédicace pour un livre. D’accord ?

Donc faites attention aux étiquettes. Quand on dit et qu’on répète à une personne qu’elle est timide, un jour, il y a de grandes chances qu’elle le devienne. D’accord ? Parce qu’elle va vouloir se conformer à l’étiquette que vous avez donnée.

Donc il y a un tas de gens qui se disent timides et qui ne le sont pas. En fait, vous êtes des personnes réservées. Voilà.

Donc première idée très très forte : le timide est un communiquant. Le vrai timide est un grand communiquant qui a envie de communiquer, mais qui a mis en place un schéma de pensées, une certaine forme de prophétie auto réalisatrice de chacune de ses interventions, dans laquelle la prophétie se passe toujours mal, parce que c’est la honte qu’il va y avoir.

Donc j’anticipe la honte, donc plutôt que de ressentir la honte, qui est pas franchement un sentiment agréable, et bien je vais m’interdire de communiquer. Ce qui est le deuxième point commun avec les timides : c’est que les timides, ils coupent la relation avec les autres, et ils s’enferment de plus en plus à l’intérieur.

Je vais vous raconter une histoire. Une histoire qui me touche beaucoup, parce que c’est le fruit d’une interrelation avec une personne que j’ai profondément aimée, que j’aime encore profondément aujourd’hui malgré son départ. C’est mon grand-père.

Laissez-moi vous raconter cette anecdote qui est assez intéressante. Quand j’étais petit, mon grand-père m’emmène avec lui. On va à Rouen. Vous avez une rue qui s’appelle la rue Gros horloge. Et au bout de cette rue, en haut, il y avait un magasin qui s’appelait La Grande Fabrique.

Et la Grande Fabrique faisait des costumes sur mesure. Mon grand-père était un homme très simple, sans revenus. Mais par contre il était toujours d’une très grande élégance et il avait beaucoup de classe dans sa façon de s’habiller, dans ses rapports, et je trouvais cet homme d’une rare beauté.

Je le trouvais très inspirant à travers ce qu’il dégageait en termes d’image, et à travers ce qu’il était en tant qu’homme. Et un jour, je vais avec lui à la Grande Fabrique, dans son AM8 Citroën, et je lui parle de quelque chose qui m’handicape beaucoup, c’est que mon grand frère va se marier.

Premier grand mariage du grand frère de la famille. Et c’était un événement important. Et quand il me demande si je suis content, si je me réjouis à l’idée de ce mariage, ma réponse va être irrémédiablement non.

-C’est le mariage de ton grand frère, cela va être un moment important.

C’est vrai, mais en même temps, il va y avoir tellement de gens, et je vais être mal à l’aise. Il m’a dit : ce ne sont que des hommes, des êtres humains.

Je vais être mal à l’aise. Et on arrive à la Grande Fabrique. On commence à rentrer dans le magasin, et lui, il s’arrête devant la porte, et dit : non toi tu ne rentres pas, tu restes là, juste de l’autre côté de la rue, je veux te voir de là-haut. Tu pourras monter venir me voir et participer à la confection qu’à partir du moment où tu auras demandé l’heure à 100 personnes.

À ce moment-là, je me demande si ce n’est pas une blague. Vous comprenez, j’ai 12 ans. Je suis avec mon grand-père, je suis en train de mettre en place un moment magique, et lui, il stoppe le moment, il brise le moment pour dire non non, tu vas faire un truc qui est une angoisse, une horreur pour moi. C’est d’aller vers les personnes pour leur demander quelque chose. Alors que c’est quelque chose qui est simple, c’est l’heure. Mais cela me fait paniquer.

Une chose aussi importante que vous devez savoir sur mon grand-père : vous ne remettez pas en question ce qu’il était. C’était quelqu’un qui était affirmé, c’était quelqu’un qui était posé, c’était quelqu’un qui était positif, mais quand il disait quelque chose, tu savais qu’à des moments, tu n’avais pas un espace de négociation possible. Donc, je m’y colle.

Je me mets là, et je vais attendre à peu près cinq minutes la première personne à laquelle je vais demander l’heure. Alors je vais bien choisir la personne. Je vais choisir une petite dame, assez âgée, qui va me rassurer, qui ressemble à ma grand-mère.

J’y vais, je lui demande l’heure. Et ça se passe plutôt pas mal.

Je vais demander l’heure à 100 personnes. Je compte sur mes doigts. Je me rappelle d’un truc, c’est qu’à l’époque, il y avait une commerçante, qui en face me regardait demander l’heure à tout le monde. Elle a dû se dire, celui-là, s’il n’a pas un toc, il n’a rien. Cela a duré 1h15. 1h15, et je peux vous garantir que j’y suis allé. 1h15, et je n’arrêtais pas de demander l’heure à tout le monde. Parce que je voulais le voir en train de faire son costume.

Et je le regardais qui me regardait. Et au bout d’une heure et quart, je monte. Je vais le voir, et je lui dis : pépé, pourquoi tu m’as fait ça ? La vérité, pourquoi tu m’as fait ça ? C’est horrible ! J’ai demandé l’heure à 100 personnes, c’est quoi l’intérêt ? Il m’a regardé : tu sais, tu n’as pas demandé l’heure à 100 personnes. Tu es rentré en contact avec une centaine d’inconnus. Et regarde-moi. Cela s’est bien passé. Voilà, ça c’est peut-être le nombre d’inconnus que tu auras pendant le mariage.

Et voyez, c’est intéressant, parce que le jour où mon grand-père est décédé, je suis allé à sa tombe pour lui rendre hommage, et un jour je vais voir un des commerçants qu’il allait voir régulièrement, et chez qui il m’envoyait régulièrement. Et il m’a dit, tu sais David : quand tu venais, sache une chose : chaque fois que tu venais, la raison pour laquelle ton grand-père t’envoyait, ce n’était jamais vrai.

Je vais vous expliquer pourquoi. C’est-à-dire que parfois mon grand-père, il me disait d’aller voir le boucher, en lui disant : il s’est trompé de viande. Je lui demandais du paleron, il me donnait de la bavette, je sais pas quoi. Va lui demander de la changer.

Et donc j’y allais. Maintenant, quand vous avez 12 ans et que vous avez un boucher qui fait 2 mètres, et que vous avez le sentiment qu’il fait 6 mètres, aussi bien de haut, que de large. Il avait un tablier injecté de sang. Et à chaque fois, il avait de grands couteaux dans les mains. Donc autant vous dire que c’était pas sécure le système. OK ?

Je n’étais pas sûr, à chaque fois, de pouvoir revenir vivant de mon expérience boucher. Bon, je suis revenu vivant. Et même s’il me regardait parfois assez durement, il me changeait toujours les choses. Et en fait le boucher m’a dit : faut que tu saches, jamais je me suis trompé.

Mais ton grand-père m’avait prévenu qu’il allait t’envoyer de temps en temps changer la viande pour que tu t’habitues, et que tu t’émancipes. Ton grand-père voulait que tu t’émancipes. OK ? Ce qui va m’amener à mettre un pas dans les stratégies que vous pouvez faire si vous êtes timide, pour changer.

Qu’est-ce qui a fait que j’ai pu changer ? Et ben en fait, c’est de me rendre compte que d’abord, ce sont les petites actions que vous allez mener au quotidien qui vont faire la différence.

Vous ne sortirez pas de votre timidité en choisissant de faire quelque chose d’incroyable. D’accord ? Ce qui façonne les êtres humains, c’est l’ensemble des petites actions qu’ils posent tous les jours. C’est ça qui fabrique un homme. C’est ça qui fabrique une femme. D’accord ?

C’est pas ce que tu fais de temps en temps. C’est ce que tu fais tous les jours. Tu es la somme de l’ensemble de tes plus petites habitudes. D’accord ? Donc si vous comprenez ça, vous comprendrez tout. C’est ce que vous devez travailler. Parfois il vaut mieux transformer de petites habitudes que des grandes.

Ça donne beaucoup plus de pouvoir et c’est aussi une stratégie, qui est une stratégie gagnante. Donc fixez-vous des petits challenges comme mon grand-père a pu le faire. Des petits, osez. Si par exemple, on vous sert de l’eau, que vous n’avez pas assez de glaçons, demandez-en. Si on s’est trompé, demandez à la personne de changer.

Si le plat est trop salé, demandez au serveur qu’on vous rapporte le plat avec beaucoup moins de sel. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, challengez vous tous les jours, un peu. Un tout petit peu. Et vous allez voir que le fait d’oser, un tout petit peu chaque jour, de sortir de votre zone de confort, ça va grandement vous aider. D’accord ?

Ça, c’est un côté, qui est un côté qui est un petit peu délicat, c’est vrai. Mais il y a dans cette stratégie un vrai pouvoir de transformation. Ne faites pas des choses exceptionnelles de temps en temps. Ce que font souvent les timides, ou ce qu’on appelle les faux timides. C’est-à-dire qu’ils vont faire les fous, les intéressants.

Ils vont attirer l’attention sur eux, parfois de façon complètement dingue. D’accord ? Mais cette espèce d’exubérance prend sa racine dans la timidité. Ce n’est pas nécessaire. Des petites actions régulières et nouvelles. Challengez-vous. OK ? Challengez- vous. Première chose.

La deuxième, qui est une stratégie qui marche super bien – et je vous donnerai une troisième stratégie qui va renforcer la première – mais en fait, on s’est rendu compte, que puisque la timidité, c’est un repli sur soi, à partir du moment où je m’amusais à aller vers les autres, je m’intéressais aux autres, j’allais oublier la petite névrose qui était la mienne. D’accord ?

Ça veut dire quoi, mes seigneurs ? Au-delà du fait de poser des actions nouvelles, challengeantes, et de sortir de sa zone de confort, et bien je vais vous demander de faire quelque chose. Allez vers les autres. Mais allez vers les autres en vous intéressant à eux. En leur posant des questions sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils font, sur ce qu’ils aiment, sur ce qu’ils ont, sur leur vie.

Plus vous serez intéressé aux autres, et plus vous trouverez que votre avis sera intéressant.

Et ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une loi en termes de communication : les gens s’intéressent à moi qu’à partir du moment où je m’intéresse à eux. C’est une règle de base. C’est ce qu’on apprend aussi en vente. Si tu t’intéresses pas ton client, il ne s’intéressera jamais à toi. Si vous vous intéressez pas aux gens, ils ne s’intéresseront jamais à vous. D’accord ?

Donc, aux timides, je vais demander le plus possible : tu veux pas parler de toi, tu veux pas être centré sur toi, pas de problème, mais cela ne t’empêche pas d’être centré sur les autres. Donc sois dans une intention, sois dans une attention, et des actions qui vont dans ce sens, et dans lesquelles tu vas interroger les autres sur ce qu’ils font, ce qu’ils sont. OK ?

Ce qui m’amène à la troisième stratégie, et cette troisième stratégie, elle est très simple, elle renforce la première : préparez-vous, puisque vous allez avoir honte. En tout cas, vous pensez que vous allez avoir honte. D’accord ? Préparez-vous. Préparez-vous, ça veut dire quoi ? Ca veut dire quand une personne va vous dire, « ça va ? », quand elle va vous poser des questions sur votre travail, sur ce que vous êtes, sur ce que vous faites, entraînez-vous seul à toute forme de situation.

Maintenant écoutez-moi bien. Vous le savez, je le dis peut-être à chacune des vidéos. Parce que pour moi, c’est la plus grande révolution des neurosciences. Ce principe, c’est que le cerveau ne fait pas la différence entre une situation réelle et une situation inventée de toutes pièces.

Je répète : le cerveau ne fait pas la différence entre une situation réelle et une situation inventée de toutes pièces. Vous rappelez, je vous ai parlé d’amygdale tout à l’heure ? Il a pris ce chemin là, parce que c’est le seul que vous avez créé. Maintenant, si vous anticipez, si vous imaginez en train de prendre la parole en public et que cela se passe bien, et que vous avez la première phrase, et que vous avez la dernière phrase, et qu’entre deux, tout s’est bien passé.

Et que vous le viviez à travers les cinq sens. Vous l’imaginez : je vois les gens, je les entends. Je ressens la fierté de pouvoir communiquer. Je peux même voir les odeurs de la salle. Plus je vais y mettre de la sensation, plus je vais y mettre de l’émotion, plus je vais y mettre du mouvement, et plus … à un moment donné, il va se passer un truc génial.

C’est que mon cerveau va considérer que c’est vrai. Donc, c’est comme si je rajoutai un disque supplémentaire dans mon juke-box. Ce qui fait que la prochaine fois que je serai confronté à la même situation, et bien lui, il choisira celle qui me convient le mieux, parce que le cerveau, il n’est pas maso. Sachez que les masos, les vrais masos, c’est 1 pour 150 000 de la population. Vous ne l’êtes pas. Donc offrez l’opportunité à votre cerveau de choisir des situations différentes.

Challengez-vous, sortez de votre zone de confort, et ayez pour objectif de sortir de votre timidité, et d’être dans la sérénité. D’accord ?

Et si vous le souhaitez, sachez qu’on a aussi un infoproduit sur la confiance en soi, et ça aussi, cela vous aidera grandement à renforcer votre confiance, votre estime de soi, votre image de soi, votre amour de soi, et tout ça pour un mieux-être.

En tout cas, merci pour votre écoute. Je vous aime. Je vous donne un homework. Qu’est-ce que vous allez faire maintenant pour sortir de votre zone de confort en termes de communication ?

Je veux juste que vous réfléchissiez à une action concrète pour que vous sortiez de votre zone de confort en termes de communication. Que vous soyez un grand timide ou pas. Sortez de votre zone de confort. […]

Je vous retrouve sur une prochaine vidéo. Je vous aime. À très bientôt.

Pour accéder à la partie 1 de la retranscription : cliquez ici

 

David Lefrançois
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