David Lefrançois : stop à la timidité 1/2

Retranscription de la vidéo par Guillaume Putrich :
(Pour accéder à la partie 2 de la retranscription : cliquez ici)

David Lefrançois :
Bonjour et bienvenue !

Je suis très heureux, très heureux d’être là. Comme à mon habitude, je vais continuer à vous remercier du fond du cœur pour l’ensemble, non seulement des commentaires que vous me donnez, des likes, et puis aussi du nombre d’abonnés qui ne cesse de monter, et nous sommes bientôt à près de 6 millions de vues. Autant vous dire que c’est juste incroyable. […] Bravo et encore merci.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un thème qui me touche beaucoup, parce que la personne que vous avez en face de vous, quand elle était petite, jusqu’à l’âge de 12/13 ans, toute mon histoire avant – et je l’ai déjà dit à travers d’autres vidéos – c’était pour moi une énorme angoisse.

Mon enfance était une angoisse. Pourquoi ? Parce que j’étais ce qu’on appelle un timide. Et aujourd’hui j’aimerais faire cette vidéo, et à travers cette vidéo, rendre service aux personnes qui pensent, qui se considèrent comme timides.

Je voudrais faire deux choses pour vous.
La première : vous amenez à porter un regard complètement différent sur la timidité.  Que je vous explique au fond ce que pourrait être la timidité.

Et je suis intimement persuadé que je vais vous surprendre quant à l’origine profonde de la timidité. Et puis ensuite, je voudrais vous donner quelques stratégies vous permettant de changer de regard, non seulement sur la timidité, mais commencer à mettre un pas vers le fait de pouvoir s’en sortir.

Il y avait un film qui s’appelle  » Je suis timide mais je me soigne« . J’aimais pas ce titre, car on présupposait que la timidité était une maladie. En fait, la timidité n’a rien à voir avec une maladie.

Il peut y avoir une part légèrement génétique, je dis bien légèrement génétique dans la timidité, mais au fond, toutes les études  qui ont été menées autour de la timidité, que ce soit au niveau psychologique ou au niveau social, et même au niveau neuroscientifique – vous verrez qu’il y a une résonance intéressante sur la timidité  -et bien la timidité, on s’est rendu compte qu’elle était particulièrement éducationnelle.

Et c’est là où je vais commencer à vous surprendre. C’est quoi un timide ? Regardez, un timide, c’est quelqu’un qui avant même de pouvoir prendre la parole, va se renfermer sur lui-même.  Et il va ressentir quelque chose qui est très intéressant. Il va ressentir de la honte avant même qu’il ait dit quelque chose. 

Et avant même qu’on ait pu lui faire le moindre retour, il va ressentir de la honte. Comment est-ce possible ? J’ai pas encore donné mon action, j’ai pas encore communiqué, j’ai pas encore envoyé mon message, et je ressens en anticipation de la honte.

Bon, vous l’aurez compris, ce n’est pas normal comme processus. Maintenant, j’aimerais vous expliquer, à travers mon histoire, comment la timidité, elle a pu être développée.

Dans mon histoire, je vais avoir 2 points qui sont importants à prendre en considération. Le premier : je suis né le dernier garçon. Quatre garçons dans la famille, quatre frères. Une famille dans laquelle -vous savez ce genre de famille où la testostérone est à son comble, c’est le genre de famille où la compétition est permanente, c’est le genre de famille où tu n’as pas intérêt à te rater.

C’est le genre de famille où quand tu vas faire du ski en sport d’hiver, tu passes à peu près, sur les 7 jours de ski, entre 5 jours et demi et 6 jours à faire de la compétition, et t’as pas intérêt à être le dernier. Ça c’est la première nomenclature, le premier système dans lequel je grandis.

Donc déjà, un schéma dans lequel je vais avoir beaucoup de pression quant aux résultats que je dois fournir. Et, écoutez moi bien, quant aux attentes qu’on peut avoir sur moi en tant qu’enfant. La deuxième chose – et ce qui n’a pas simplifié les choses – j’ai un frère jumeau.

Avec un frère jumeau qui va être meilleur que moi, que je vais trouver plus beau que moi, qui va être lui à l’aise. D’accord ? Donc l’une des premières choses qu’on va pouvoir dire sur la timidité, c’est que souvent, c’est le fruit d’une pression, d’attentes aussi, parfois inconsidérées du schéma parental sur l’enfant. Ça, c’est la première chose.

Et puis la deuxième, tout devient un enjeu pour un timide. Alors est-ce que c’est quelque chose qui existe vraiment ou est-ce que c’est quelque chose qu’éducationnellement, on a transmis à travers une culture familiale ? Vous l’aurez compris, c’est souvent la deuxième réponse qui est vraie.

Le pire dans tout ça, c’est comme j’ai un frère jumeau qui lui est au clair avec les choses, on va me mettre dans un schéma de comparaison. Donc on va se rendre compte aussi que le fait d’être tout le temps comparé, avec en plus, les exigences qui vont avec, ça va me mettre une pression terrible et au final, je vais avoir peur de communiquer, parce que je vais avoir peur d’être considéré comme pas bon.

Donc je vais ressentir et anticiper la honte avant même qu’elle n’arrive. Combien même elle n’arriverait absolument pas. Ok ? Donc ça, c’est juste pour brosser un tableau qui peut être environnemental. Il n’est pas nécessairement environnemental pour que je devienne timide -vous allez comprendre à travers le deuxième exemple que je vais vous fournir.

Mais on se rend compte en tout cas que les personnes qui sont timides, qui vont avoir du mal à communiquer, sont des personnes qui vont se positionner dans un monde intérieur. Je viens de dire un mot très important.

je viens de dire le mot communiquer. D’accord ? Communiquer, c’est « com » et c’est « niké ». Ok ? Alors, cela n’a aucun rapport avec l’acte sacré qu’on pourrait déterminer d’une façon vulgaire. Non, non. « Com », ça veut dire « avec ». Et « niké » – d’ailleurs quand vous portez des Nike (Nike, c’est « niké » en fait) car Nike, « niké » cela vient de Nikê, et Nikê, c’était la déesse de la victoire. 

Communiquer en fait, cela veut dire quoi ? Cela veut dire, célébrer la victoire ensemble. Et si tout le monde savait ce que communiquer veut dire, cela veut dire que quand je communique, je dois avoir envie de célébrer quelque chose avec toi. Je dois avoir envie de partager quelque chose avec toi.

Maintenant, écoutez-moi bien. Le timide, dans son for intérieur – et là, on va pouvoir parler de génétique, là ça va vous surprendre – c’est en fait un très grand communiquant.  A la base, le timide, il est fait pour devenir un communicant. Parce que je vais vous dire une chose, le timide, il a, à la base, envie de communiquer.

Il a cet élan d’aller vers les autres, il a cet élan de transmettre de l’information, tout petit, très petit. D’accord ? Maintenant je vais vous raconter un peu mon histoire.

Je suis dans une famille qui est sympathique, qui se regroupe, qui parle, qui raconte des blagues. Moi je suis petit, je vois ça, et je me dis, tiens : ces personnes qui communiquent entre elles et qui communiquent fortement, qui font rire les autres, c’est leur stratégie. Alors moi je suis petit, et je me dis, tiens,  je vais raconter une blague et je viens pour faire des choses. Et j’ai un des parents qui va me dire : David s’il te plaît, ne fais pas ton intéressant. En public !

Vous allez voir qu’il y a un lien entre la timidité et très souvent l’humiliation. Et ça aussi, laissez-moi vous donner un mot par rapport à ça. On n’a pas besoin d’humilier publiquement fortement quelqu’un, c’est-à-dire lui faire honte publiquement, pour qu’il ressente l’humiliation.

Le simple fait de vouloir parler, et qu’on dise : non,non, David, c’est pas ta place, on est avec les grands, ne fais pas ton intéressant. Même si c’est dit avec bienveillance, parce ce que c’est un souci de me préserver et puis de construire mon moi social, en vrai, moi, ce que je vais ressentir en tant qu’enfant, c’est une frustration et de la honte.

Faites ça une fois, c’est un hasard, 2 fois une coïncidence, 3 fois, une loi. Ok ? D’ailleurs, vous devriez comprendre que d’un point de vue purement neurologique, quand on répète une information 3 fois, ça devient ce qu’on appelle un pattern :

Quand je vous donne une information nouvelle, la première fois, vous allez la recevoir, vous allez la critiquer, la remettre en question : ah bon ? C’est nouveau, je comprends pas, il y a une petite voix qui va se mettre en mouvement.

La deuxième fois, si je vous donne la même information, vous allez commencer à l’accepter : eh bien, oui, tu l’as déjà dit avant, je comprends. La troisième fois, il est fort probable que vous trouviez cela normal.

D’accord ? Je parlerais d’hypnose très prochainement dans une de mes vidéos. Et bien vous verrez que souvent que dans l’hypnose, le principe de base, c’est de créer un pattern de répétition et et de briser.

Et comme le cerveau va se sentir un petit peu dubitatif : qu’est-ce que je fais ? Tu me faisais faire quelque chose, et là, tout s’arrête. C’est à ce moment-là qu’il y a un espace pour glisser une suggestion forte, et pour dire par exemple à la personne, [mouvement sec des doigts] : dors.

Ce n’est pas le débat, ce n’est pas le sujet, mais juste comprenez que la notion de pattern : à force d’avoir cette envie de communiquer, d’aller vers l’autre, et d’avoir des personnes qui vont dire : reste à ta place, ne fais pas ton intéressant. Eh bien,  à un moment donné, en fait, une fois, cela va me choquer, 2 fois, je vais dire, c’est pas normal. Et trois fois, je vais intégrer cela comme un comportement qui est un comportement usuel.

Cela veut dire quoi ? Ça veut dire qu’avant même que je communique, il y a mon cerveau, qui à travers mon système amygdalien – alors les amygdales, c’est pas les amygdales, c’est le système amygdalien qui est à l’intérieur du cerveau, mon système amygdalien, il va dire quoi ?

Le système amygdalien, je vous l’explique en 2 secondes. Le système amygdalien, quand vous faites quelque chose, c’est le système qui filtre dans ce que vous faites. Ok ? Il prend l’information, et il va rechercher dans toutes les expériences passées ce qui se rapproche le plus et surtout il va donc du coup donner l’information : comment j’ai réagi à l’époque, et ce que j’ai ressenti. 

C’est important que vous compreniez ce concept. Je suis en train de vivre quelque chose. D’accord ? Si c’est quelque chose qui s’apparente à quelque chose qui pourrait être déjà connu chez moi, c’est mon système amygdalien qui prend l’information et qui dit : tu sais, à l’époque, quand il s’est passé ça, voilà quelle a été ta réaction. Vous comprenez ?

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que mon système amygdalien, il a enregistré plusieurs fois que quand j’allais parler, j’allais avoir honte. Donc la prochaine fois que je vais avoir une situation où je suis en situation de parler, alors que mon environnement n’est pas hostile, et qu’on pourrait même attendre que je parle, eh bien, il y a le système amygdalien qui dit : tu sais, les dernières fois où tu as pris la parole, même tout petit, tu as ressenti de la honte.

Et qu’est-ce que je vais faire à ce moment-là ? Je vais ressentir de la honte. C’est ce qui fait que, mes seigneurs, nous pensons que régulièrement nous vivons des situations nouvelles, mais c’est rarement le cas. Nous recréons, à travers ce que nous sommes, à travers nos expériences passées, des choses. D’accord ?

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je prends l’information, mon système amygdalien prend le relais, et ça fait comme une sorte de juke-box, vous comprenez ça ? J’appuie sur un bouton par exemple, on me demande de parler en public, c’est l’anniversaire d’un pote, il va y avoir 20 personnes, je vais avoir 30 ou 40 ans.

De mon point de vue, je n’ai aucune raison, contenu de l’environnement, contenu de l’ambiance d’avoir honte. Pourtant, je vais appuyer sur le bouton « prise de parole en public devant tout le monde ». Et là, mon jukebox, il va chercher le programme, il dit : tiens, à l’époque, on a joué ce disque-là. Et ce disque-là, c’est le disque de la honte, de la difficulté, et alors même que j’ai envie de communiquer, que j’en ai envie, que j’ai envie de partager.

Le timide, il a envie de communiquer. Croyez-moi, un timide qui sort de sa timidité devient de façon systématique un très très grand communicant. Vous avez bien entendu : quasiment de façon systématique. Donc tous les timides qui regardent cette vidéo, regardez-moi quand j’étais petit, quand on me parlait, j’étais tellement timide que je ne regardais jamais les gens dans les yeux.

Vous savez ce qui est intéressant ? C’est que toutes les personnes que j’ai rencontrées avant l’âge de 12 ans, quand je les ai rencontrées plus tard, je ne les reconnaissais jamais, parce que je ne les regardais jamais dans les yeux. J’étais tout le temps rivé sur mes chaussures, sur mes pompes. Incroyable.

Donc c’est vous dire à quel point on peut être dans le malaise. Mais ce qui est encore plus dingue, c’est de considérer que cette timidité, elle prend sa racine dans l’envie de communiquer.

Donc un timide, si vous êtes timide, ou si vous connaissez quelqu’un de timide, regardez cette vidéo et transmettez-la lui.

Pour la simple et bonne raison, c’est que je veux que vous intégriez cette idée qu’un timide, un vrai timide, c’est quelqu’un qui communique. Alors quand je dis vrai timide,  je ne le dis pas pour rien. Comprenez aussi que la timidité, c’est aussi parfois des étiquettes.

Pour lire accéder à la partie 2 de la retranscription : cliquez ici

 

David Lefrançois
Chaine Youtube :
https://www.youtube.com/c/DavidLefrancois

Page facebook : https://www.facebook.com/coachdavidlefrancois/


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